
L’agriculture française est confrontée à une grave crise qui affecte l’ensemble des secteurs avec une forte baisse des revenus des agriculteurs.
Si le secteur laitier a été emblématique des difficultés rencontrées, c’est bien le monde agricole dans son ensemble qui est concerné.
Prenant pleinement la mesure de cette crise, le Président de la République a annoncé un plan d’urgence reposant sur un effort financier massif de 1, 830 milliards d’euros. Les mesures de ce plan seront effectives très rapidement.
Parmi les mesures, 1 milliard d’euros sont consacrés à des prêts de trésorerie et de consolidation. L’Etat va allouer 60 millions d’euros pour que ces prêts soient bonifiés ce qui permettra que le taux d’intérêt réel des prêts soit réduit à 1, 5 % voire 1 % pour les jeunes agriculteurs.
Par ailleurs, 650 millions d’euros d’aides exceptionnelles sont accordés pour faire face à l’urgence dans laquelle se trouvent certains producteurs. Cela recoupe notamment 200 millions d’euros pour l’allègement des charges d’intérêts d’emprunt et l’aide à la restructuration en 2009 et en 2010 ; 170 millions d’euros pour le remboursement de la TIPP et de la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel payée en 2010.
Si l’agriculture connaît une crise indéniable, elle est plus que jamais un secteur stratégique et d’avenir pour notre pays et le monde. C’est pourquoi le Gouvernement ne s’est pas limité à annoncer des mesures de soutien financier mais a aussi proposé une véritable refondation de la politique agricole au niveau européen et international. La France va tout faire pour obtenir une rénovation de la PAC en 2013 car l’agriculture ne peut être laissée aux seules lois du marché.
Ainsi, le Président de la République souhaite affirmer une préférence communautaire pour les produits agricoles. Cette préférence communautaire devrait reposer sur le respect de normes sanitaires et environnementales au sein de l’Union Européenne et de l’Organisation Mondiale du Commerce. Il faut faire en sorte que les normes imposées à nos agriculteurs s’appliquent également aux produits importés.
De même, la France veut créer des outils de gestion des marchés agricoles. Cela suppose, non seulement, le maintien d’outils européens d’intervention sur les marchés pour conserver un « filet de sécurité » sur les prix en cas de crise, mais aussi un financement accru des outils d’assurance contre les risques climatiques, sanitaires et économiques.
Enfin la PAC doit soutenir la production agricole dans les territoires fragilisés
Le Président a aussi demandé à la Commission de prendre des initiatives pour limiter la spéculation sur les matières premières agricoles et renforcer, dès 2010, les outils de régulation des marchés laitiers. Le France sera très vigilante pour que l’Europe s’engage sur la voie de la régulation, qui est la clé de la sécurité sanitaire et alimentaire.
Pour finir la prochaine loi de modernisation de l’agriculture permettra d’accroître la compétitivité du secteur agricole en donnant notamment plus de visibilité sur les débouchés et les prix avec des contrats régulés par l’Etat qui protégeront le producteur dans sa relation avec l’industriel ou le distributeur.
L’ensemble de ces mesures manifeste le soutien qu’accorde le gouvernement et le Président de la République à l’agriculture française.